Une autre Europe est-elle possible ?

Article 48 du traité sur l'Union européenne (TUE) :     L'Union européenne est une construction autobloquante

 

Article 48 du TUE :

 

« 1. Les traités peuvent être modifiés conformément à une procédure de révision ordinaire. Ils peuvent également être modifiés conformément à des procédures de révision simplifiées.

 

Procédure de révision ordinaire

 

[...]

 

4. Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d'arrêter d'un commun accord les modifications à apporter aux traités.

Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

 

[...]

 

Procédures de révision simplifiées

6.

 

[...]

 

Le Conseil européen statue à l'unanimité, après consultation du Parlement européen et de la Commission ainsi que de la Banque centrale européenne dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire. Cette décision n'entre en vigueur qu'après son approbation par les États membres, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

 

[...] »

 

 

En d'autre termes, la moindre modification des traités européens ne peut se faire qu'à l'unanimité des membres de l'Union européenne. Comme ceux-ci ont des intérêts divergents, ce qui est dans l'ordre naturel des choses, jamais une telle unanimité n'a été atteinte. Concrètement, jamais un traité européen n'a été changé, ne fût-ce que d'une virgule !

 

Les partis et hommes politiques qui proposent, depuis au moins 1979, de construire une autre Europe ou de changer l'Europe vous mentent sciemment ! Prétendre vouloir réaliser "une Europe écologique, sociale, du développement durable, des travailleurs ou des nations" ou de quelque genre que ce soit est une impossibilité. Prétendre modifier l'Europe est un mensonge éhonté !

Si, par exemple, 100 % des belges votaient pour mettre fin à la dérégulation totale des capitaux afin que le gouvernement belge retrouvât le droit de s'opposer aux délocalisations, cela ne changerait rien car il faut l'unanimité des membres de l'Union européenne pour modifier un tant soit peu le moindre article des traités européens.

 

C'est bien pour cela que Jean-Claude Juncker, l'actuel Président de la Commission européenne depuis novembre 2014, a déclaré dans le Figaro, le 29 janvier 2015, peu de temps donc après voir été nommé à ce poste (en effet, comme chacun le sait, les commissaires européens ne sont pas élus et n'ont aucun compte à rendre aux peuples) :

 

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Jean-Claude Juncker

 

Le fédérateur étranger

 

L'Union européenne est une construction autobloquante qui ne fonctionne pas, et ce pour le meilleur intérêt de ce que Charles de Gaulle appelait « le fédérateur étranger », notamment lors de sa conférence de presse du 15 mai 1962, durant laquelle il affirmait qu'une union de six pays européens ne pourrait pas fonctionner.

Charles de Gaulle, le 15 mai 1962

Charles de Gaulle concluait sur ces mots :

 

« Il y aurait peut-être un fédérateur mais il ne serait pas européen. Et ce ne serait pas l'Europe intégrée, ce serait tout autre chose, de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu avec, je le répète, un fédérateur._»

 

Le stratagème des chaînes

 

Cette caractéristique autobloquante de la construction européenne est la raison fondamentale pour laquelle les États-Unis d'Amérique poussent sans cesse à l'élargissement de l'Union européenne : plus celle-ci sera grande, plus leur entreprise de vassalisation du continent européen sera efficace.

 

C'est ce que les Chinois appellent « le stratagème des chaînes », en référence à la bataille de Chi Bi, aussi appelée la bataille de la Falaise Rouge, qui eut lieu au début du IIIe siècle de notre ère, et durant laquelle le stratège P'ang T'ong, confronté à une flotte plus puissante que la sienne, fit suggérer trompeusement à son ennemi Ts'ao Ts'ao d’enchaîner ses jonques de combat les unes aux autres afin, prétendument, d'empêcher les troupes embarquées de souffrir du mal de mer. L'objet de cette ruse était de priver de toute marge de manœuvre la flotte de Ts'ao Ts'ao de telle sorte qu'aucun de ses navires ne put échapper aux flammes de l'incendie qui fut déclenché en son sein.

 

Il s'agit du trente-cinquième stratagème décrit dans le grand classique

Les 36 Stratagèmes   Manuel secret de l'art de la guerre

 

Ce stratagème classique chinois de l'art de la guerre, tout comme chacun des trente-cinq autres, est étudié dans toutes les écoles de guerre au monde, y compris aux États-Unis d'Amérique.

 

 

Mike Werbrouck

Président fondateur du MIB

 

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