La Finlande n'aurait jamais dû rejoindre l'euro

 

Timo Soini, l'actuel ministre finlandais des Affaires étrangères, a déclaré récemment :

 

« La Finlande n'aurait jamais dû rejoindre l'euro. »

 

C'est ce que rapporte, entre autres, le très sérieux groupe financier états-unien Bloomberg L.P., ce 22 décembre 2015, sur son site internet :

 

http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-12-22/finland-should-never-have-joined-euro-foreign-minister-says

 

Cette déclaration, émanant d'un ministre des Affaires étrangères d'un membre de l'Union européenne présente un caractère non seulement officiel, mais en plus extrêmement sérieux. Cette déclaration est un signe supplémentaire qui devrait faire réfléchir ceux qui croient encore aveuglément au dogme de l'euro.

 

La Finlande, qui était un pays extrêmement prospère, se voit aujourd'hui menacée de devoir recourir à la politique économique dite d'austérité. Les récentes tentatives du Premier ministre de Finlande, Juha Sipilä, pour réduire les salaires et les congés des travailleurs finlandais, se sont heurtées à d'importantes manifestations et à des mouvements de grève.

 

Des cinq pays scandinaves, seule la Finlande a rejoint la zone euro

 

Pour rappel, la Finlande, qui commence à s'en mordre les doigts, est le seul des cinq pays scandinaves à avoir eu la naïveté de rejoindre la zone euro. En effet :

 

• L'Islande a annoncé officiellement, le 12 mars 2015, qu'elle renonçait définitivement à adhérer à l'Union européenne. Le site internet officiel du ministère islandais des Affaires étrangères précisait alors :

 

« Les intérêts de l'Islande sont mieux servis en dehors de l'Union européenne. »

 

• La Norvège a toujours refusé d'entrer dans l'Union européenne.

 

• Le Danemark, qui fait partie de l'Union européenne, a refusé l'euro et a obtenu, tout comme le Royaume-Uni, une option de retrait - plus connue, américanisation des cerveaux oblige, sous le nom anglais d'opting out -  négociée dès 1992.

 

• La Suède est tenue juridiquement d'adopter l'euro mais a choisi, suite à un référendum tenu en 2003, de ne pas rejoindre le second mécanisme de taux de change européen (MCE II), ce qui l'empêche mécaniquement de rejoindre la zone euro.

La Suède tient tellement peu à rejoindre l'euro qu'elle en a été réduite à trouver cette astuce technique afin de pouvoir renier sa parole ! C'est dire combien la perspective d'adopter l'euro horrifie les Suédois !

 

• Des cinq pays scandinaves, un seul a adopté l'euro, la Finlande et, de ces cinq pays, seule la Finlande rencontre des difficultés économiques croissantes...

 

Conclusion

 

Heureusement, les Finlandais commencent à comprendre l'origine des difficultés qu'ils rencontrent et certains parlementaires finlandais ont même demandé un débat sur la sortie de la Finlande de la zone euro. En effet, plutôt que d'abandonner leurs acquis sociaux et leurs richesses nationales, les Finlandais ont compris que la valeur de l'euro est bien trop élevée pour leur économie et qu'ils pourraient améliorer leurs exportations en disposant d'une monnaie un peu moins forte qui serait vraiment en adéquation avec les réalités de leur économie.

Puissent les Belges s'inspirer de cet exemple !

 

 

Mike Werbrouck

Président fondateur du MIB

 

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