Qu'est-ce qu'un référendum ?

 

Un référendum est une procédure qui permet aux citoyens d'exprimer par un vote l'approbation, ou le rejet, d'une mesure proposée.

 

Quant au plébiscite, qui dans la Rome antique était une loi votée par l'assemblée de la plèbe, il s'agit de nos jours d'une forme particulière de référendum ; cela peut être :

 

• une consultation au cours de laquelle la population d'un territoire est appelée à choisir l'État dont elle veut relever ;

 

• un scrutin par lequel un homme ayant accédé au pouvoir demande à l'ensemble des citoyens de lui manifester leur confiance en se prononçant par « Oui » ou par « Non » au sujet d'un texte donné. Il s'agit donc, dans ce cas, d'un référendum législatif d'initiative gouvernementale.

 

Initiative

 

L'initiative législative est le droit de soumettre à la discussion, et au vote, le texte d'une proposition de loi ou un projet de loi.

 

Au sein d'une assemblée votante, l'initiative législative, et plus encore même son monopole, constitue, avec le droit de veto, le pouvoir le plus important qui soit.

 

C'est précisément pour cette raison que la Commission européenne, entre autres pouvoirs qui instituent son caractère dictatorial, s'est réservé, par le truchement de l'article 17 du traité sur l'Union européenne (TUE), le monople de l'initiative législative !

 

 

Un référendum peut donc être proposé :

 

• soit par le gouvernement¹, auquel cas on parlera de référendum d'initiative gouvernementale ;

 

• soit par le peuple, auquel cas on parlera de référendum d'initiative populaire (RIP), également appelé référendum d'initiative citoyenne (RIC). Celui-ci est une des conditions nécessaires à l'existence de la démocratie : dans une démocratie, le peuple doit avoir le pouvoir de soumettre au vote toute question le concernant, et cela en toutes matières.

Concrètement toute question pourrait être soumise à un vote dès qu'un pourcentage déterminé de la population présente une pétition en ce sens. Il faut bien sûr réfléchir à un pourcentage adéquat car, d'une part, un pourcentage trop réduit paralyserait le référendum d'initiative populaire en en augmentant de façon déraisonnable la fréquence, et, d'autre part, un pourcentage trop élévé neutraliserait la mise en pratique, et donc l'existence concrète, du référendum, étant donné qu'il serait très difficile, voire virtuellement impossible, de présenter la moindre pétition afin d'organiser un référendum. Le maximum pour ce pourcentage serait de l'ordre de 1 % voire de 0,5 % de la population. Nous renvoyons à ce sujet nos lecteurs aux excellents travaux d'Étienne Chouard.

 

 

Quand un référendum est proposé, il est bien sûr impératif de laisser au peuple un délai suffisant afin qu'il puisse réellement s'informer au sujet de la question posée et des conséquences de son vote : aucune question ne devrait-être votée dans l'urgence.

 

 

¹Ce vocable est, bien sûr, à prendre au sens large du terme : par « gouvernement », il faut entendre «_les gouvernants » ou encore « les détenteurs officiels du pouvoir ».

 

En toutes matières

 

Afin que le peuple puisse réellement exercer son pouvoir, en d'autres termes afin que la démocratie puisse exister, il faut que le peuple puisse proposer un référendum à propos de n'importe quelle question : en toutes matières.

 

Un référendum peut ainsi revêtir quatre natures :

 

1° Le RÉFÉRENDUM CONSTITUANT permet de modifier la constitution. Dans une démocratie, le référendum constituant ne peut être que d'initiative populaire² et doit être l'unique moyen de modifier la constitution. Au sujet de cette question essentielle, nous renvoyons nos lecteurs à notre précédent article : Qu'est-ce qu'une constitution ?

 

2° Le RÉFÉRENDUM LÉGISLATIF permet de soumettre au vote un projet de loi. Le référendum législatif peut être d'initiative populaire ou gouvernementale.

 

3° Le RÉFÉRENDUM ABROGATIF (le qualificatif abrogatoire, signifiant strictement la même chose, existe également) permet de soumettre au vote l'abrogation d'une loi, ce qui inclut la dénonciation d'un traité, d'un pacte ou de tout accord international. Un référendum abrogatif permettrait ainsi, par exemple, de demander la sortie de la Belgique du Pacte mondial pour les migrations de l'ONU. Le référendum abrogatif peut être d'initiative populaire ou gouvernementale.

 

4° Le RÉFÉRENDUM RÉVOCATOIRE permet de proposer la révocation de toute personne détentrice d'un pouvoir gouvernemental. Le référendum révocatoire ne devrait être que d'initiative populaire². En effet, le gouvernement dispose de toutes sortes d'outils institutionnels pour révoquer un de ses membres.

C'est ainsi, par exemple, que le texte intitulé « La Constitution française »³ prévoit, en son article 68, une procédure permettant de destituer le président de la République. Nous renvoyons, à ce sujet, nos lecteurs au très solide dossier constitué par François Asselineau afin de demander la destitution d'Emmanuel Macron, actuel agent d'exécution de l'oligarchie créocratique, faisant office pour le moment de président de la République française. Il est certain que la destitution d'Emmanuel Macron contribuerait très fortement à apaiser les très fortes tensions sociales qui traversent la France depuis quelque deux mois.

D'une façon générale, le référendum révocatoire d'initiative populaire est un formidable instrument démocratique car il contraint les détenteurs officiels du pouvoir à remplir la tâche qui est la leur au lieu de se livrer à la corruption et à la prévarication : quand un dirigeant, ou un représentant, ne sert pas les intérêts de la collectivité, il se sert.

 

 

Dans tous les cas, quand un référendum est d'initiative populaire, la question exacte du référendum doit être formulée par le peuple. En effet, la formulation même d'une question peut influer sur la réponse qu'elle obtiendra.

 

 

²Il ne faut aucunement être naïf : il est évident que tout pouvoir aura toujours la possibilité concrète d'instiller au peuple « l'idée » de requérir un référendum à propos de quelque question que ce soit.

 

³Comme nous le soulignions précédemment, nous faisons référence à ce texte en ces termes « le texte intitulé « La Constitution française » » car, malgré son nom trompeur, il ne s'agit nullement d'une constitution. Comme le disait Étienne Chouard, le 02 décembre 2017, à Natacha Polony :

« Le problème, c'est notre dépossession du politique par des constitutions qui n'en sont pas. Nous devrions refuser d'appeler « constitution » des textes qui, au lieu d'être des protections, sont des prisons. »4

 

4Alors que cela faisait près d'un an qu'elle figurait dans notre rubrique Documentaires, le compte YouTube présentant cette vidéo a été clôturé quelques jours à peine après la parution de notre précédent article qui l'incluait... Ceux qui voudront visionner ce très intéressant entretien d'Étienne Chouard interrogé par Natacha Polony devront désormais payer pour s'abonner à Polony.tv, où ils retrouveront donc cette vidéo. Nous comprenons, bien sûr, que Natacha Polony doit bien, comme tout le monde, se procurer des ressources pécuniaires et que son travail mérite rémunération, mais cela pose la question de l'accessibilité à l'information, aux médias, pour le citoyen normal dont le pouvoir d'achat ne cesse de s'amenuiser. Voilà qui pose, une fois de plus, la question de la nationalisation des médias qui devraient être un bien public.

 

Le pouvoir des médias

 

On ne cesse de nous répéter que Messieurs Locke et Montesquieu nous ont appris, qu'afin de connaître la démocratie, il fallait séparer les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Comme si cela pouvait suffire !

 

La séparation des pouvoirs, on le sait depuis l'Antiquité, est une condition nécessaire pour empêcher l'avènement d'un despote. C'est ainsi, par exemple, que la République de la Rome antique interdisait l'accès à la fonction de sénateur aux citoyens qui, entre autres métiers, exerçaient une activité lucrative dans les secteurs du commerce ou de la banque. Il y a quelque 2.500 ans, les Romains avaient déjà identifié le pouvoir bancaire.

 

Quand on sait que le véritable pouvoir c'est l'information, quand on sait, par exemple, qu'il existe une corrélation positive forte entre les temps d'exposition médiatique des candidats aux élections et les résultats de celles-ci, on ne peut plus ignorer que les médias sont un des pôles du pouvoir.

 

Séparer les pouvoirs afin d'éviter la dictature ? Certes... Encore faut-il identifier toutes les formes de pouvoir ! Cette question sera l'objet d'un prochain article.

 

 

En Occident, les grands médias sont inféodés aux grands intérêts financiers : le pôle du pouvoir que constituent les médias sont sous le contrôle de l'oligarchie financière qui a usurpé le pouvoir. En la matière, c'est probablement la France qui connaît la situation la plus dramatique : la quasi-totalité des grands médias y sont contrôlés par une poignée d'intérêts privés.

 

L'illustration suivante (cliquez sur l'image pour l'agrandir) nous indique qui contrôlait l'ensemble de la presse française en juillet 2016 :

 

 

Cette situation est intolérable !

 

Dans le système créocratique qui nous oppresse, le sommet de la pyramide est bien sûr occupé par l'oligarchie financière qui s'est arrogé le monopole de l'émission monétaire et qui détient l'énorme majorité de la dette.

Le deuxième étage de cette pyramide est occupé par les grands médias, dont la mission consiste, comme l'ont fait pendant des millénaires divers pouvoirs religieux, à formater les esprits, à dire au peuple ce qu'il doit croire et  penser.

Le troisième étage, toujours en partant du haut, est occupé par les très grandes entreprises qui sont désormais transnationales, ainsi que par nombre d'ONG.

Seulement ensuite, au quatrième étage, toujours en partant du haut, arrivent les institutions gouvernementales, et cela inclut la Commission européenne, qui ne sont que des courroies de transmission du pouvoir créocratique, courroies de transmission jouant également le rôle de paratonnerre : l'oligarchie créocratique, qui est le véritable détenteur du pouvoir, continuera à jouir confortablement de ses privilèges indus tant que le peuple cristallisera son mécontentement et sa colère à l'encontre de tel président ou de tel ministre, ceux-ci jouant donc le rôle de vils lampistes, c'est-à-dire d'employés subalternes à qui on fait injustement endosser les fautes.

 

Les médias, bien public

 

Si on prétend séparer les pouvoirs, il faut fortement limiter l'influence du pouvoir financier sur le pouvoir médiatique ; la seule façon d'y arriver consiste à légiférer en ce sens. Concrètement, il faut inscrire dans la constitution qu'une part déterminée, et non des moindes, des médias doit être, et rester, nationalisée. Il faut, en effet, bien comprendre que, les grands médias ayant le pouvoir de formater l'opinion, ils ont donc le pouvoir d'influer très fortement sur le résultat de tout vote, et donc sur celui d'un référendum.

 

En d'autres termes, instituer le référendum d'initiative populaire sera, à peu près, sans objet tant que les grands médias ne seront pas indépendants du pouvoir financier : le véritable pouvoir c'est l'information ; par conséquent, dans une démocratie, les médias sont un bien public.

 

Conclusion

 

Le référendum d'initiative populaire (RIP), également appelé référendum d'initiative citoyenne

(RIC), est une des conditions nécessaires à l'existence de la démocratie. Le véritable exercice du référendum d'initiative populaire ne peut exister que si les grands médias sont indépendants du pouvoir financier : cela implique leur nationalisation, celle-ci devant être garantie par la constitution.

 

Le pouvoir en place, entendant conserver ses privilèges, se gardera bien d'accorder le référendum d'initiative populaire au peuple belge ; celui-ci n'aura d'autre choix, afin d'instaurer la démocratie en Belgique, que de prendre le pouvoir et de rendre à la Belgique sa souveraineté. L'Union européenne est une dictature, il est impossible de la réformer, la seule manière pour la Belgique de recouvrer sa souveraineté est qu'elle sorte de ce carcan qu'est l'Union européenne par la mise en œuvre de l'article 50 du traité sur l'Union européenne.

 

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Mike Werbrouck

Président fondateur du MIB

 

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