Qu'est-ce que le libéralisme ?

 

 

Le fondement de la pensée libérale est le fait que chaque être humain serait seul maître de lui-même et qu'il posséderait des droits fondamentaux et inaliénables découlant de sa seule existence et indépendants des structures sociales qui constituent son environnement. Ces droits sont le droit à la liberté et à la propriété.

 

Formulé ainsi, le libéralisme, qui, nous dit-on, viserait à l'émancipation de l'individu, semble être une idéologie séduisante : en effet, qui ne souhaiterait pas être libre et qui ne souhaiterait pas avoir accès à la propriété ?

 

Il convient cependant de toujours se poser la question des conséquences de la mise en application d'une idéologie, quel que soit le niveau de séduction que celle-ci puisse présenter.

 

 

 

 

Concrètement, le libéralisme s'exprime principalement le long deux axes : le libéralisme économique et le libéralisme philosophique.

 

Une représentation des possibilités offertes par les combinaisons de ces deux paramètres peut être le diagramme de Nolan, qui représente en abscisse la liberté économique, et en ordonnée la liberté individuelle.

                              Diagramme de Nolan

 

Ce diagramme a été créé, en 1969, par l'activiste libertarien David Nolan afin d'offrir un spectre d'analyse politique plus fin que le simple axe gauche-droite, et dans le but de tenter de situer le libertarianisme au-delà du clivage gauche-droite. En effet, les deux axes du graphique sont censés représenter les deux grandes options politiques états-uniennes : les progressistes, de gauche¹, attachés aux libertés individuelles, et les conservateurs, de droite¹, attachés aux libertés économiques.

 

 

¹Au sens états-unien de ces termes. Nous reviendrons sur ce concept de gauche et de droite plus loin dans ce texte, et plus profondément dans notre prochain article.

 

Le libéralisme économique

 

Le libéralisme économique prône la liberté de commercer et d'entreprendre comme chacun l'entend, tout en limitant le plus possible la capacité de l'État à intervenir en la matière, cela sous le postulat que chacun serait libre d'entreprendre, de travailler et de consommer librement, selon ses propres besoins et préférences.

 

C'est ainsi que les minarchistes voudraient réduire l'État à sa plus simple expression qui ne devrait servir qu'à assurer la liberté et la sécurité des citoyens. Ainsi, l'État serait, à peu de choses près, seulement bon à assurer le maintien de l'ordre, la justice et la défense du territoire, raison pour laquelle les pays anglo-saxons emploient plus volontiers, en remplacement du terme « minarchisme », l'expression "nightwatch-man state", qui signifie en français « État veilleur de nuit » et qui fut forgée avec le terme "Nachtwächterstaat", en 1862, par l'Allemand Ferdinand Lassalle lors d'un discours qu'il prononça à Berlin.

 

 

Les minarchistes tolèrent que l'État exerce encore de telles fonctions régaliennes car, estiment-ils à juste titre, si celles-ci étaient privatisées, elles seraient inévitablement au service des plus riches.

Drapeau du minarchisme      

 

 

Plus extrémistes que les minarchistes, les anarcho-capitalistes considèrent, quant à eux, que l'État est illégitime et inutile, et qu'il doit donc disparaître.

Drapeau de l'anarcho-capitalisme

 

 

Cette prétention à promouvoir la liberté économique absolue des individus et des entreprises est au mieux une aberration, au pire une imposture : la liberté totale en matière économique vise à la destruction des États et entraîne la constitution, dans un premier temps, d'oligopoles avant de mener à l'établissement de monopoles qui régneront sur l'humanité dans la violence la plus extrême.

 

La liberté totale avalise la loi du plus fort.

 

Le libéralisme philosophique

 

Le libéralisme philosophique prône la libération, l'émancipation, de l'individu par rapport à toute norme, à toute morale, à toute religion. L'homme serait ainsi prétendument libéré de toute contrainte sociale et pourrait laisser libre cours à toutes ses pulsions, à tous ses instincts, aussi sombres, aussi pervers, aussi indignes soient-ils. Faut-il vraiment expliquer à quel point l'Occident est de plus en plus victime de ce libéralisme philosophique ? Nous n'aurons pas cette indécence ; nous invitons simplement nos lecteurs à regarder autour d'eux : le monde dans lequel ils évoluent est-il conforme à leurs valeurs, sur quels repères stables peuvent-ils encore s'appuyer ?

 

La liberté totale en matière philosophique entraîne la destruction de la civilisation. Comme l'a écrit Noam Chomsky dans son ouvrage Comprendre le pouvoir : Tome II, (Aden, 2006, p. 174) :

 

« Tout le monde sait qu'une société qui fonctionnerait selon les principes libertariens américains s'autodétruirait en quelques secondes. La seule raison pour laquelle certains font mine de la prendre au sérieux, c'est qu'ils peuvent s'en servir comme d'une arme. »

 

Il faut aussi toujours garder à l'esprit que toute collectivité, toute civilisation, ne peut survivre que grâce à l'existence d'une transcendance : que ce soit, par exemple, le christianisme ou le mythe d'Osiris, les membres d'un groupe ont besoin, pour accepter de vivre ensemble, d'une raison qui les dépasse.

 

Le jugement d'Osiris

 

Dissoudre la transcendance d'une communauté est un moyen particulièrement efficace pour annihiler celle-ci.

 

La liberté totale avalise la loi du plus pervers et détruit la civilisation.

 

Le libéralisme est un outil du mondialisme

 

Le libéralisme a pour objectif final le libertarianisme, qui est l'alliance entre la liberté économique absolue et la liberté individuelle absolue. Or favoriser l'une favorise inévitablement l'autre. En effet, il est impossible, antinomique, de vouloir instaurer la possibilité d'un commerce sans entrave et d'entreprendre sans aucune limite tout en prétendant respecter la morale ou des normes, quelles qu'elles soient ; de même, affecter de s'opposer au capitalisme tout en prônant l'extension indéfinie des droits individuels en matière sociétale est une imposture, comme si la liberté de chacun n'incluait pas également la liberté de commercer et d'entreprendre.

 

 

 

 

 

 

 

Les libertés économiques et les libertés individuelles étant inextricables, il nous faut compléter le diagramme de Nolan en y incluant des zones d'exclusion théorique.

 

Le libertarianisme, qui n'est rien d'autre que le libéralisme poussé au bout de sa logique, vise en réalité à la destruction, d'une part, des États et, d'autre part, de toute norme, de toute morale, de toute religion, de toute identité, en un terme : de toute civilisation.

 

On comprend donc que le libéralisme, tel un puissant dissolvant, est un outil du mondialisme : en arasant toutes les différences, toutes les particularités, toutes les frontières, il transforme les individus, privés de toute diversité en éléments tous pareils, interchangeables, qui ne sont plus que des esclaves montés les uns contre les autres et au service d'une infime minorité. Solve et coagula.

 

Et sur un axe gauche-droite ?

 

 

 

 

 

 

On observe que la zone d'application concrète du diagramme de Nolan est de forme allongée. On peut donc la considérer globalement selon un axe linéaire.

 

En faisant subir une rotation de 45° dans le sens des aiguilles d'une montre à notre graphique complet, nous observons que le libertarianisme se situerait à l'extrême droite de l'échiquier politique.

Voilà qui abondera dans le sens de ceux qui estiment que la dictature qu'est l'Union européenne est une structure d'extrême droite, voire de type fascisante.

Il n'en est rien ! En effet, le fascisme s'oppose fondamentalement au libéralisme. La domination ultralibérale que nous subissons ne saurait donc être d'extrême droite et encore moins de nature fasciste.

Le lecteur qui voudra appronfondir cette question de l'antinomie entre le fascisme et le libéralisme écoutera avec intérêt ce commentaire d'Hervé Ryssen :

 

Hervé Ryssen, le 23 janvier 2019

Fascisme / antifascisme et libéralisme

 

 

En faisant subir une rotation de 180° à notre graphique précédant, nous observons que le libertarianisme se situerait à l'extrême gauche de l'échiquier politique.

Voilà qui abondera dans le sens de ceux qui ont compris que l'Union européenne est une structure dictatoriale dont ils veulent se libérer et qui se positionnent eux-mêmes à la droite, voire à l'extrême droite, de l'échiquier politique.

Il est vrai qu'à bien des égards, il semblerait que l'extrême gauche soit au pouvoir en Occident : progressisme - pour ne pas dire gauchisme - exacerbé, égalitarisme furieux, tendance irréfragable au mondialisme.

 

Cette dernière analyse ne satisfera pas non plus ceux qui ont compris que l'Union européenne est une structure dictatoriale dont ils veulent se libérer, alors qu'ils se positionnent eux-mêmes à la gauche, voire à l'extrême gauche, de l'échiquier politique, au motif que l'ultralibéralisme n'organise pas un partage équitable des richesses, ce qui est le moins qu'on puisse dire !

 

Il nous faut donc affiner notre analyse et considérer que le pouvoir qui nous oppresse, à savoir l'ultralibéralisme, s'appuie à la fois sur ce qu'il est convenu d'appeler la gauche et sur ce qu'il est convenu d'appeler la droite : la gauche sociétale et la droite des affaires sont les deux piliers du libéralisme. Pour lui résister, il nous faut réaliser l'alliance entre la gauche du travail et la droite des valeurs.

 

Les concepts de gauche et de droite étant de plus en plus abscons, voire vide de sens, pour nombre de citoyens, nous consacrerons notre prochain article à l'éclairage de cette question.

 

Conclusion

 

Le libéralisme est un instrument de destruction des nations et de l'humanité elle-même.

 

Sur le plan économique, le libéralisme organise la mise en esclavage de l'immense majorité de l'humanité ainsi que le pillage généralisé de la planète, et cela au bénéfice d'une infime minorité de prédateurs mondialistes.

 

Sur le plan philosophique, le libéralisme organise la dissolution de toute morale, de la civilisation et de l'identité même des individus.

 

Vous refusez de voir l'ultralibéralisme s'imposer en Belgique ? Cela nécessite que la Belgique soit souveraine. L'Union européenne est une dictature, de nature ultralibérale, il est impossible de la réformer, la seule manière pour la Belgique de recouvrer sa souveraineté est qu'elle sorte de ce carcan qu'est l'Union européenne par la mise en œuvre de l'article 50 du traité sur l'Union européenne.

 

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Force et Honneur !

 

Mike Werbrouck

Président fondateur du MIB

 

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