Qu'est-ce que la xénocratie ?

Prince Othon Ier de Bavière, Roi de Grèce, par Joseph Stieler (1833)

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Otto Friedrich Ludwig von Wittelbach (1815-1867), prince de Bavière, qui fut le premier roi de la Grèce moderne sous le nom d'Othon (Οθων en grec) Ier, est une figure emblématique de la xénocratie. Deuxième fils du roi de Bavière Ludwig (Louis en français) Ier, il s'agit donc d'un Bavarois, en d'autres termes d'un Allemand.

 

En 1832, le traité de Constantinople consacre l'indépendance de la Grèce qui était jusqu'alors sous la domination de l'Empire ottoman. Ce traité met définitivement fin à la guerre d'indépendance grecque, également connue sous le nom de Révolution grecque, conflit qui avait débuté en 1821. Dans cet affrontement, les Grecs avaient été soutenus par les trois grandes puissances qu'étaient alors la France, la Russie et le Royaume-Uni.

 

Les commandants de la révolte hellène étaient parfaitement conscients, dès les prémices de la guerre d’indépendance grecque, que les grandes puissances européennes, liées entre elles par l’ordre issu du Congrès de Vienne, n'accepteraient l’indépendance de la Grèce qu'à la condition que celle-ci adoptât un régime monarchique.

 

Les grandes puissances, quant à elles, entendaient bien conserver le plus possible le contrôle sur cette Grèce accédant à l'indépendance. Pour le dire prosaïquement, les grands notables d'Europe¹ n'avaient aucune intention de laisser les gueux, fussent-ils grecs ou belges², prendre eux-mêmes leur destin en main et nommer eux-mêmes leurs rois.

 

Après de très longues négociations, où les plus puissants pesèrent bien sûr le plus, il fut finalement décidé que le premier roi de la Grèce moderne serait, dès 1832, le jeune Otto de Wittelbach, prince de Bavière ; quant aux frontières de la Grèce, elles furent fixées, elles aussi, par des étrangers : c'est la xénocratie.

 

 

¹Confer infra notre paragraphe Une histoire de famille.

²Confer infra notre paragraphe Léopold Ier.

 

La domination par la dette : une arme xénocratique

 

Par le traité de Constantinople, signé en 1832, les grandes puissances s'engageaient à prêter 60 millions de francs-or à la Grèce. Ce prêt devait être réalisé en trois tranches de chacune 20 millions. La troisième ne fut jamais versée à la Grèce et 60 % de la première, soit 12 millions de francs-or, furent immédiatement dépensés par la Grèce qui était dans l'obligation de verser cette somme à l'Empire ottoman afin qu'il reconnût son indépendance.

 

Les circonstances économiques et géopolitiques rendirent la Grèce incapable de rembourser ses dettes. Suite à une intervention militaire grecque contre l'Empire ottoman durant la guerre de Crimée, la Grèce fut occupée par les troupes françaises et britanniques de 1854 à 1857 afin de forcer le royaume hellène à revenir à la neutralité ; en effet, alors que la France et le Royaume-Uni avaient été alliés avec la Russie contre l'Empire ottoman lors de la guerre d'indépendance grecque, un renversement d'alliances³ vit les Britanniques et les Français s'allier aux Ottomans contre les Russes durant la guerre de Crimée.

 

Cette occupation militaire de la Grèce par la France et par le Royaume-uni de 1854 à 1857 donna à ces deux grandes puissances un ascendant supplémentaire dont elle profitèrent pour exiger le recouvrement des dettes hellènes et imposer à la Grèce la tutelle d'une commission financière.

 

 

Quiconque est endetté est tenu par la bourse, au sens propre comme au sens figuré, par ses créanciers : c'est la créocratie.

 

D'une façon générale, la domination par la dette est une arme parfaitement compatible avec la xénocratie. Ce qui nous amène à la considération suivante : la créocratie est par nature xénocratique car aucun souverain digne de ce nom, c'est-à-dire soucieux de la nation qu'il gouverne, ne saignerait à blanc sa propre population car cela entraînerait, assez vite, la destruction de son propre pays.

 

 

³Ce renversement d'alliances est tout à fait cohérent avec la géopolitique britannique qui a visé, pendant plusieurs siècles, l'empêchement de toute montée en puissance trop importante de la part de quelque pays européen que ce soit : tant que l'équilibre régnait sur le continent, la flotte britannique avait les mains libres sur les océans. C'est ainsi, par exemple, que durant les guerres napoléoniennes, le Royaume-Uni neutralise la France avec l'aide, entre autres, de la Russie et de l'Empire ottoman ; quelques années plus tard, la guerre d'indépendance grecque permet aux Britanniques de diminuer la puissance de l'Empire ottoman avec l'aide de la France et de la Russie ; et quelque vingt ans plus tard, durant la guerre de Crimée, les Britanniques limitent la puissance de la Russie avec l'aide de la France et de l'Empire ottoman. Le bilan de toutes ces guerres étant un affaiblissement, à un moment ou à un autre, d'à peu près chaque allié du Royaume-Uni. Perfide Albion !

 

Un procédé ancestral

 

La xénocratie est un procédé ancestral. Il est tout à fait compréhensible que certaines puissances visent à augmenter leur influence au sein d'autres entités politiques, et ce y compris au sein d'autres nations. Domination par la dette, placement d'agents fidèles à des postes clefs du pouvoir, destruction des structures et de l'identité locales, tous les moyens sont bons pour cela. Quand cette influence atteint un niveau suffisant pour contrôler un pays étranger, celui-ci se retrouve sous domination xénocratique.

 

Léopold Ier

 

Avant qu'il ne fût décidé par les grandes puissances qu'Otto von Wittelbach deviendrait roi de Grèce, elles avaient proposé un autre candidat pour occuper cette fonction : Leopold Georg Christian Friedrich von Sachsen-Coburg-Saalfeld (1790-1865), né dans la famille ducale qui régnait sur le duché allemand de Saxe-Cobourg-Saalfeld.

 

Suite au mariage, en 1796, de sa sœur aînée Julienne avec le grand-duc Constantin de Russie, cet Allemand devint officier dans l'armée impériale russe : il fut nommé colonel à l'âge de 5 ans et général à l'âge de 12 ans ! Le jeune Leopold prit part à la guerre que les monarchies européennes, Royaume-Uni en tête, avaient lancée contre Napoléon Bonaparte.

 

Après la défaite définitive de celui-ci, Leopold s'installa au Royaume-Uni, obtint dès 1815 la nationalité britannique, et épousa un an plus tard Charlotte-Augusta, princesse de Galles, unique enfant légitime du prince régent qui régnera sur le Royaume-Uni sous le nom de George IV. En 1817, Charlotte-Augusta décéda en couches. Eusse-t-elle survécu à la mort de son père, elle serait devenue reine du Royaume-Uni et Leopold serait devenu prince consort.

 

Après la guerre d'indépendance grecque, Leopold se voit offrir le trône de Grèce, mais en homme avisé il mène les négociations avec fermeté ; celles-ci n'aboutissant pas aux résultats qu'il escompte, il a la sagesse de refuser ce trône qui lui semble trop précaire et préfère devenir, le 04 juin 1831 (il prêtera serment le mois suivant, le 21 juillet, cette date devenant celle de la fête nationale belge4),  roi des Belges, ce trône lui étant aussi offert.

 

Bien lui en prit : la dynastie5 qu'il a fondée règne toujours, deux siècles plus tard, sur la Belgique, tandis qu'Othon Ier, roi de Grèce fut destitué en 1862 et termina sa vie en exil.

              Léopold Ier, par Nicaise De Keyser

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4Cette date symbolique du 21 juillet fut également choisie comme date de fondation du MIB.

5Le présent article est publié pour la première fois le 15 novembre 2019, date symbolique elle aussi étant donné que le 15 novembre est en Belgique la fête du Roi, cette date étant le jour de la Saint-Léopold dans le calendrier liturgique germanique.

 

Une histoire de famille

 

D'un certain point de vue, on peut considérer que les familles royales d'Europe ne forment, depuis des siècles, qu'une seule et même grande famille. Il était d'ailleurs fréquent que les grands notables - empereurs, rois, princes, et autres ducs - s'épousassent entre cousins. C'était particulièrement vrai jusqu'à la fin du XXe siècle, quand les unions morganatiques ont été de plus en plus tolérées.

 

Un exemple fameux en est la reine Victoria, dont la mère était Marie Luise Viktoria von Sachsen-Coburg-Saalfeld6, de la même Maison donc que Léoplod Ier, roi des Belges, et dont les innombrables liens familiaux avec les familles royales d'Europe lui valurent le surnom de « grand-mère de l'Europe_». Les neufs enfants de la reine Victoria épousèrent des membres de diverses familles royales et nobles d'Europe.

La reine Victoria compte ainsi parmi ses descendants la reine Elizabeth II du Royaume-Uni, son époux le prince consort Philip Mountbatten, l'actuel roi de Norvège Harald V, l'actuel roi de Suède Carl XVI Gustaf, l'actuelle reine du Danemark Margrethe II, le précédent roi d'Espagne Juan-Carlos Ier, ainsi que son épouse Sofia de Grèce.

Un autre exemple, très connu, est le fait que les monarques des puissances en guerre durant la Première Guerre mondiale étaient cousins : George V, roi du Royaume-Uni, le tsar Nicolas II de Russie et l'empereur Guillaume II d'Allemagne étaient cousins. Qu'ils se soient livré mutuellement la guerre peut laisser songeur. Étaient-ils vraiment les maîtres de leurs pays ? Faut-il y voir un phénomène vicieux de la lutte des classes ? En effet, pendant que les gueux s'entre-tuent, les notables festoient. Quoique que certains d'entre eux, comme Nicolas II de Russie, ne s'en soient pas toujours sortis si impunément...

 

Le château de Windsor, vu du nord

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Il s'agit d'une des résidences de la reine Elizabeth II

 

 

6Le nom de la famille royale britannique est aujourd'hui Windsor. Il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, en 1917, durant la Première Guerre mondiale, afin de se distancer officiellement de la famille impériale allemande, le nom de la famille royale britannique fut changé : la Maison de Saxe-Cobourg et Gotha fut renommée Maison de Windsor, du nom du lieu où se situe le château de Windsor.

 

La Belgique aujourd'hui

 

Presque deux cent ans après avoir été implantée en Belgique, la dynastie fondée par Léopold Ier est bien sûr maintenant pleinement belge.

 

La Belgique n'en est pas moins aujourd'hui sous le joug d'une domination xénocratique :

 

sur le plan monétaire, la Belgique n'est même plus émettrice de sa monnaie et se voit imposer l'usage de l'euro, monnaie surévaluée par rapport à son économie. Rappelons que la monnaie est le sceau d'un pouvoir : une monnaie est un instrument politique avant d'être un outil économique.

Privée du pouvoir de battre monnaie, la Belgique n'est techniquement plus un État.

 

sur le plan économique, la Belgique n'a à terme, soft law oblige, aucune marge de manœuvre et est contrainte, année après année, à se conformer aux exigences du rapport annuel de la Commission européenne concernant les grandes orientations des politiques économiques, les tristement célèbres GOPÉ ;

 

sur le plan législatif, la Belgique est contrainte de procéder à la transposition en droit national de directives européennes.

Privée du pouvoir de légiférer de façon pleinement autonome, la Belgique n'est techniquement plus un État.

 

sur le plan judiciaire, la Belgique est soumise aux décisions de la Cour de justice de l'Union européenne.

Privée du pouvoir de rendre justice elle-même en toutes matières chez elle, la Belgique n'est techniquement plus un État.

 

sur le plan diplomatique, la Belgique est contrainte de s'aligner sur la politique étrangère de l'Union  européenne ainsi que sur celle de l'OTAN, ce qui revient au même étant donné que l'Union européenne et l'OTAN ne sont que les deux faces d'une même médaille euro-atlantiste.

Privée du pouvoir de gérer comme elle l'entend ses relations internationales, la Belgique n'est techniquement plus un État.

 

sur le plan militaire, la Belgique est contrainte de s'engager dans les guerres illégales voulues par les États-Unis d'Amérique, et plus précisément par l'État profond qui contrôle ceux-ci. C'est ainsi, par exemple, que la Belgique a bombardé, illégalement nous ne le dirons jamais assez, l'ex-Yougoslavie, la Libye, l'Irak ou encore la Syrie.

Privée du pouvoir de décider elle-même de la paix et de la guerre, la Belgique n'est techniquement plus un État. En l'occurrence, c'est encore pire, la Belgique est réduite au rang de supplétif contraint de contribuer, illégalement au regard du droit international, à une cause qui la détruit elle-même.

 

• Et bien sûr, la Belgique est tenue sous domination par la dette, qu'il est impossible de rembourser, d'autant plus que l'appartenance de la Belgique à la zone euro lui retire l'option de la monétiser ; de plus, l'article 123 du TFUE interdit à la BCE de prêter aux pays membres de la zone euro, qui n'ont par conséquent d'autre choix, afin de refinancer leurs économies structurellement déficitaires7, que d'emprunter sur les marchés privés aux taux et conditions imposés par ceux-ci ! Le pouvoir de création monétaire est ainsi utilisé comme moyen de s'approprier les biens de l'économie réelle.

Rappelons, à ce propos, que les GOPÉ ne sont que l'instrument technique de la mise sous tutelle financière à laquelle est soumise la Belgique : les GOPÉ permettant à l'oligarchie qui a usurpé le pouvoir d'institutionnaliser le pillage auquel elle se livre. C'est la créocratie.

 

 

7Il n'y a aucune raison pour que l'économie de quelque pays que ce soit de la zone euro soit structurellement déficitaire ; la raison pour laquelle elles le sont toutes tient en deux éléments_:

chacun de ces pays, dont la Belgique, est tenu sous domination par une dette impossible à rembourser et qui obère lourdement son budget ;

chacun de ces pays, dont la Belgique, se voit imposer, via les GOPÉ, une politique économique structurelle d'austérité qui tarit ses recettes fiscales, ce qui grève son budget et entraîne un déficit.

 

Une analyse pertinente

 

Yannick Jaffré nous présente une analyse pertinente du concept de xénocratie, qu'il rapproche de celui de mondialisme :

 

Entretien avec Yannick Jaffré

Xénocratie

Propos recueillis le 26 décembre 2018, à Paris, par Xavier Moreau pour Stratpol.

 

 

Nous souhaiterions apporter une nuance de puriste au propos de Yannick Jaffré : de nos jours, le mondialisme est bien sûr de nature xénocratique, mais, au cours de l'Histoire, la xénocratie n'a pas toujours été mondialiste.

 

Le grand réveil des peuples

 

Le grand réveil des peuples, qui n'en peuvent plus de la domination oligarchique qu'ils subissent et qui les détruit, a commencé et ne cesse de s'amplifier. En témoignent, entre autres :

 

le référendum qui a eu lieu le 23 juin 2016 au Royaume-Uni et par lequel le peuple britannique a exprimé sa volonté de faire sortir son pays de l'Union européenne ;

l'élection, le 08 novembre 2016, de Donald Trump au poste de président des États-Unis d'Amérique, et cela alors même qu'une infecte propagande orchestrée par l'immense majorité des grands médias occidentaux, stipendiés par l'oligarchie au pouvoir, œuvrait à le diaboliser et à faire élire son adversaire Hillary Clinton ;

• la montée du populisme8.

• la montée de ce qu'il est convenu d'appeler l'extrême droite.

 

Ce grand réveil des peuples inquiète, à juste titre, le pouvoir en place qui entend bien neutraliser toute possibilité de se faire évincer. C'est ainsi qu'il a développé deux nouveaux concepts politiques, qui ne s'excluent pas nécessairement mutuellement, dans le but de tromper encore un peu plus longtemps la population :

 

• le national-sionisme ;

• le libéral conservatisme.

 

 

8Le populisme est une attitude politique qui consiste à se réclamer du peuple et de la défense de ses intérêts.

Il est remarquable que ce terme est entaché en Occident d'une lourde connotation péjorative. Ce phénomène est le résultat de la propagande permanente des médias dominants qui n'ont cessé d'employer ce vocable, depuis des dizaines d'années, de façon négative. C'est ainsi que l'oligarchie qui a pris le pouvoir est parvenue à convaincre les peuples qu'il serait malsain qu'ils défendent leurs propres intérêts !

Au lieu de considérer le populisme avec morgue, comme le leur enjoint l'oligarchie, les peuples doivent comprendre que le populisme est, en réalité, un des apanages de la démocratie.

Le populisme ne doit aucunement être confondu avec la démagogie, terme défini dans notre lexique.

 

Qu'est-ce que le national-sionisme ?

 

Écoutons tout d'abord ce que nous en dit Alain Escada :

 

 Alain Escada, Président de Civitas

Le piège du national-sionisme

Le 14 octobre 2018 à Rungis, lors de la 12e journée de Synthèse Nationale

 

 

Afin de documenter un élément du propos d'Alain Escada, nous vous présentons, ici, les statuts du mouvement politique nommé « The Movement ». Comme le lecteur le constatera, le premier article de ces statuts précise la dénomination et la durée de The Movement, le deuxième article mentionne l'adresse de son siège, et le troisième définit ses objectifs et activités. Ce troisième article stipule :

 

« La Fondation vise à promouvoir [...] la défense d'Israël en tant qu'état souverain sur sa terre historique. [...] »

 

Le national-sionisme est ce courant politique qui combine un prétendu nationalisme à un sionisme assumé. Comme on ne saurait servir deux maîtres à la fois, il s'agit, en réalité, d'un outil géopolitique de neutralisation, voire de vassalisation, xénocratique. En effet, que les Juifs sionistes soient favorables aux intérêts d'Israël est parfaitement cohérent ; en revanche, que les nationalistes de quelque autre pays que ce soit conditionnent leur action aux intérêts d'un quelconque autre pays est au mieux antinomique, au pire un acte de soumission. Imaginerait-on, par exemple, des nationalistes irlandais lier de façon inconditionnelle leur cause à l'indépendance du Tibet ?

 

Le national-sionisme est donc un concept politique qui a pour objet de canaliser une partie de la montée des nationalismes afin de les neutraliser.

 

Qu'est-ce que le libéral conservatisme ?

 

Écoutons tout d'abord ce que nous en dit Youssef Hindi, dans la douzième édition des Chroniques de la paix universelle, entre 30'39'' et 40'57'' :

 

Youssef Hindi et Gearóid Ó Colmáin

Chroniques de la paix universelle #12

Géopolitique mondiale et libéral conservatisme

27 octobre 2019

 

 

Pour résumer brièvement le propos de Youssef Hindi, nous dirons que le libéral conservatisme est une fausse opposition élaborée par le pouvoir en place afin de neutraliser la menace que représente contre lui le grand réveil des peuples que nous évoquons deux paragraphes plus haut.

 

Le libéral conservatisme, dont le nom tient de l'oxymore, ce qui tend déjà à en indiquer le caractère usurpateur,« est un alliage de deux philosophies politiques antinomiques, à savoir le conservatisme et le libéralisme », mais le conservatisme en question est tout à fait frelaté dans la mesure où il consiste à vouloir « conserver non pas les valeurs traditionnelles, mais les acquis de la révolution culturelle qu'est mai 68 ».

 

Ce courant libéral conservateur correspond à une réalité sociologique : c'est l'alliance objective des bourgeoisies traditionnelles et libérales progressistes. En France, par exemple, les partisans de La Manif Pour Tous, la bourgeoisie catholique et conservatrice qui s'est opposée au mariage homosexuel et à l'homoparentalité, a massivement voté pour le pro-LGBT Emmanuel Macron en 2017 qui a, par exemple, réalisé un score de 76 % à Versailles ; et de la même façon, l'électorat de la gauche bourgeoise, opposée verbalement à la finance internationale, a voté au second tour pour le même candidat, pour le candidat de la banque Rothschild : 52 % des électeurs de Mélenchon ont voté pour Macron au second tour de 2017.

 

Cette bourgeoisie donc qui se pare de valeurs traditionnelles est dans la pratique, aujourd'hui encore, plus libérale que conservatrice, plus matérialiste que religieuse et elle se situe aux antipodes du catholicisme social qui méprisait l'argent et encourageait chez les privilégiés le sentiment de responsabilité vis-à-vis des pauvres.

Il faut donc bien dissocier la religion catholique qui se range du côté des pauvres et les bourgeois catholiques qui en fait trahissent les valeurs catholiques.

 

Le libéral conservatisme est également appelé libéralisme conservateur. L'avenir nous montrera si l'usage privilégiera une de ces deux expressions.

 

 

Finalement, il faut bien comprendre que le libéral conservatisme et la gauche libérale libertaire sont les deux faces d'une même médaille mondialiste, un marteau et une enclume qui visent à la destruction des peuples. Face à cela, il existe une troisième voie qui permettra à ceux-ci de se libérer : le social conservatisme, également appelé conservatisme social. Le social conservatisme est la cohérente cohésion d'un protectionnisme socio-économique et de valeurs traditionnelles.

 

Soros et la société ouverte

 

On ne saurait présenter une étude de la xénocratie sans mentionner George Soros (né en 1930 en Hongrie sous le nom de György Schwartz, dans une famille de la bourgeoisie juive de Budapest), états-unien, d'origine hongroise donc, grand idéologue du libéralisme, qui est une des personnalités les plus influentes de notre époque_: mettant son immense fortune au service de son idéal, la société ouverte, George Soros exerce un pouvoir xénocratique qu'il entend bien étendre à la planète entière.

 

Nous n'en citerons qu'un exemple, parmi littéralement les centaines, voire les milliers, d'opérations xénocratiques menées par George Soros : celui-ci a versé de très importantes sommes d'argent, à savoir 400.000 livres sterling (soit quelque 455.000 euros) dans un premier temps, puis 100.000 livres sterling (soit quelque 113.750 euros) supplémentaires dans un deuxième temps,  au très mal nommé mouvement Best for Britain, qui a pour objectif  d'empêcher la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, ce qui constitue rien de moins qu'un déni de démocratie. Quand un multimilliardaire états-unien se fixe pour mission, entre autres, d'empêcher la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, cela constitue une opération xénocratique.

 

 

 

Afin d'étudier en profondeur l'action xénocratique, au niveau mondial, de George Soros, nous ne saurions trop conseiller à nos lecteurs de lire l'édifiant ouvrage de Pierre-Antoine Plaquevent Soros et la société ouverte, métapolitique du globalisme (Le retour aux sources, 2018).

 

Xavier Moreau, qui en a rédigé la préface, y a écrit (p. 11) :

 

« Lénine a consacré sa vie à la destruction de l'ordre russe ancien, impérial et chrétien. George Soros a la même ambition pour la planète entière. »

 

 

Nous invitons également nos lecteurs à écouter cet entretien avec Pierre-Antoine Plaquevent, l'auteur de l'ouvrage Soros et la société ouverte, métapolitique du globalisme :

 

Entretien avec Pierre-Antoine Plaquevent
George Soros et la société ouverte

Propos recueillis le 05 novembre 2018, à Paris, par Xavier Moreau pour Stratpol.

 

 

Des propos à méditer et qui ne peuvent qu'encourager nos lecteurs à approfondir leurs recherches sur le sujet.

 

Notons que Pierre-Antoine Plaquevent fait également, entre 10'27'' et 12'17'', référence au national-sionisme dont il explique une des origines :

 

« On voit avec Netanyahou effectivement une confrontation entre, ce qu'on pourrait dire, les sionistes nationalistes de terrain qui occupent un territoire et qui veulent le pérenniser et qui sont dans une guerre permanente avec leur environnement proche et avec certains de leurs concitoyens, et, on pourrait dire, la vision sorosienne, ou même attalienne aussi un petit peu, parce qu'en France on a Jacques Attali qui est un petit peu le pendant en Français d'un Soros qui est la vision en fait où le judaïsme ne serait qu'un tremplin vers une nouvelle identité mondiale de tous les peuples qui seraient fondus en une seule collectivité et pour eux, je pense que pour des gens comme George Soros, c'est aussi lié à son héritage familial, et à une forme de complexe vis-à-vis du judaïsme, donc ce sont un petit peu des Juifs qui ne s'aiment pas eux-mêmes d'une certaine manière, en tout cas pour Soros, et en face on a des gens effectivement comme Netanyahou qui eux disent « Maintenant on a un État, on doit le pérenniser, on doit le défendre coûte que coûte contre tout le monde. ». Après, comme toujours, rien n'est tranché, rien n'est absolument noir ou blanc et il y a effectivement des liens entre Soros et [...] la gauche israélienne, entre des ONG qui font effectivement du travail, on pourrait dire, même de soutien aux Palestiniens, mais de manière instrumentale en fait. Et finalement, ce qu'a trouvé aussi Natanyahou, cette manière en flattant les populistes, de se créer des alliés au niveau, au sein du monde occidental et, on va dire, on avance presque à fronts renversés. C'est-à-dire ceux qui défendent l'identité maintenant sont presque obligés d'avoir l'aval de, on pourrait dire, de la droite sioniste pour affronter la gauche de la société ouverte mondiale. »

 

Le lecteur appréciera également le passage entre 14'27'' et 14'30'' :

« La société ouverte, c'est le cancer de l'Occident qui détruit cette base stable. »

 

 

S'agissant de la société ouverte de George Soros,  nous laisserons le mot de la fin à Lucien Cerise qui a écrit à la fin (pp. 364-365) de la postface de l'édifiant ouvrage de Pierre-Antoine Plaquevent Soros et la société ouverte, métapolitique du globalisme (Le retour aux sources, 2018) :

 

« L'auteur de ces lignes voit dans ces phénomènes l'avènement d'un nouveau type d'humanité, non pas surhumain, ni trans-humain, mais infra-humain, proche du zombie, assumant de pouvoir dire ou faire n'importe quoi sans que cela ne prête à conséquences et développant ainsi un nouveau modèle de conscience non réflexive, capable de dire une chose et son contraire dans la même phrase sans que ça gêne, capable aussi de dire ou penser une chose et de faire exactement le contraire en même temps, sans que ce ne soit ressenti comme problématique. La fusion opérationnelle de ce qui s'oppose en théorie aboutit à vider les mots de leur sens, banalise l'illogisme, réduit le langage à des aboiements incohérents et purement individuels, et s'achève dans la dislocation mentale complète. Il semble que la déconstruction de l'esprit classique - cet esprit en quête d'une unité rationnelle - sera poussée à son terme, jusqu'à l'idiocratie définitive et terminale. La société ouverte et ultraviolente promise par l'ingénierie sociale de Soros est avant tout une violence cognitive, qui attaque les racines même du raisonnement logique et du fonctionnement de l'esprit. Pour tous ceux qui ne se résignent pas à ce que la folie collective devienne notre destin, il faut recommander l'ouvrage de Pierre-Antoine Plaquevent en tant qu'antidote à ce chaos mental et sémantique qui devient le symptôme de notre époque barbare et régressive._»

 

Politiquement incorrect ?

 

La prédominance de la pensée unique et la malhonnêteté intellectuelle ambiante rendant le climat de plus en plus délétère, il nous semble une fois de plus nécessaire de rappeler que nous présentons des documents pour leur valeur intrinsèque, tant qu'ils sont pertinents, sans considération particulière pour leur provenance.

 

Le lecteur ne doit jamais perdre de vue que le point de vue hétérodoxe élargit les frontières du débat.

 

C'est ainsi, par exemple, que nous avons présenté dans cet article une vidéo d'Alain Escada, qui est le Président de Civitas, qui est un parti politique souvent décrit comme étant catholique intégriste. Présenter une telle vidéo ne témoigne pas de notre éventuelle adhésion à la foi catholique ; de même, l'affirmation précédente ne témoigne pas de notre éventuel athéisme.

 

De plus, nombre de documents peuvent être imparfaits en certains points ; cela ne saurait constituer une raison de s'interdire de les consulter.

 

Le lecteur, tout comme tout citoyen digne de ce nom, doit se libérer de cette chape de plomb de la bien-pensance intellectuelle politiquement correcte qui voudrait interdire toute consultation d'une source qui déplairait au pouvoir. Au contraire, sans doute peut-il justement se révéler intéressant d'accorder une attention aux voix que le pouvoir en place ne cesse de diaboliser.

 

Cette considération sera l'objet d'un prochain article.

 

Conclusion

 

La xénocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par des acteurs étrangers.

 

La xénocratie est par excellence un régime belliciste et antidémocratique, et cela lors même que le mondialisme utilise, entre autres, comme arme la mise en place, ou le maintien, de régimes prétendument démocratiques, mais qui ne le sont pas du tout. Le concept de démocratie sera étudié dans un prochain article.

 

À l'heure actuelle, quand on sait que ce carcan qu'est l'Union européenne, qui est une dictature de nature ultralibérale, impossible à réformer, a pour objet, en plus de piller nos pays, d'en détruire la souveraineté, on comprend que l'Union européenne est une structure xénocratique  - certains utiliseront plutôt le terme supranationale - au service du mondialisme.

 

Par conséquent, dans un tel contexte, le seul clivage opérationnel n'est plus celui qui opposerait une prétendue gauche à une prétendue droite, mais celui qui oppose la xénocratie - certains utiliseront plutôt le terme mondialisme - au nationalisme, concept qui sera étudié dans un prochain article.

 

La seule manière pour la Belgique de recouvrer sa souveraineté est qu'elle sorte de l'Union européenne par la mise en œuvre de l'article 50 du traité sur l'Union européenne, de la zone euro - il suffit de le décider - et de l'OTAN par la mise en œuvre de l'article 13 du Traité de l'Atlantique Nord.

 

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Mike Werbrouck

Président fondateur du MIB

 

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